sont des platanes qui s’alignent et fuient vers
ils forment l’allée centrale d’un lieu dont j’ai perdu le nom
ce n’est pas la route des platanes
que nous traversions en Citroën LN pour aller à la plage
ce n’est pas non plus celle que nous montions à l’entrée du village
c’est une autre allée au chemin de graviers
que l’écriture emprunte comme chemin de mémoire
les platanes font signe
sur leurs troncs qui dessinent le temps en abandons successifs
quand tombent
les plaques les plus sombres
ce qui pousse le long du chemin
de ce chemin précis
est quelque part en moi derrière ou devant moi
réminiscence ou prescience
l’écorce qui tombe est passé avenir