Wladecke, c’est l’histoire d’un texte sans cesse recommencé. Etrange créature poétique que cette femme sans tête qui me poursuit depuis des années. J’y suis donc attachée. Je n’en compte plus les versions, écrites et musicales….

Pardonnez cette histoire ce n’est qu’un racontar , un french cancan jeté sur le papelard. C’était il y a longtemps, c’était la fin d’un temps.Une femme elle s’appelait Wladecke un jour perdit sa tête. A la fenêtre wagon elle vit un samouraï au geste radical. Ainsi tomba sa tête tête ovale et lyriqueidole cycladique silencieuse et sans bouche nymphe extatique blanche et décapitée très peu désemparée avec pour seul relief l’arête d’un long nez comme si les anciens grecs avaient cru en effet que c’est par le tarin que l’âme renaîtrait bref. Sur les wagons passants des vitres plasmatiques Wladecke se vit objets hétéroclites. Canope à tête de chien carafe panier chaussure éponge polymère charlotte à la baignoire semelles bitumiques et devant une théière ébréchée Wladecke eut de l’amour pour l’humanité. Puis tout disparut à part un dromadaire et le train s’arrêta dans le désert. Wladecke songea à une enquête qui la mènerait peut-être à retrouver sa tête une trace une rame un wagon un chameau enfin quelque chose n’importe quoi pour retrouver son chef. A la mesure dromadoresque d’une patience de mauresque Wladecke marcha à la recherche d’une tête d’un chapeau d’un keffieh d’un képi d’une casquette d’un bonnet bonnet dune bonnet bosse bonnet blanc blanc benêt kif kif chameau bourricot sans chapeau Défaite déliée Wladecke sombra dans des espaces somatiques délires alphabétiques et se mit à chanter à tue- tête la perte de sa tête. Je passe les dunes je passe les dunesJe me délie je me défais je me débosse je me déduneet je récite mon alphabetAi-je perdu la tête je me souviens que oui c était un jour je ne sais plus lequel je ne sais plus comment les commencements s’amoncellent je rêve parfois d’avalanches d’avalanches blanches qui emporteraient avec elles tous les commencements pour en finir enfin... C’est ainsi que Wladecke cheminait c’est ainsi que Wladecke délirait Seul témoin de son chantun oryx qui d’un air suprême regardait cette femme Mais quel est donc ce chant ? C’est alors qu’un wagon traversa le désert. Le wagon s’arrêta. Un samouraï courtois descendit du wagon et tendit à Wladecke Vous devinez bien quoi ? une nouvelle tête. Wladecke coiffa sa tête. Le wagon disparut le samouraï avec et Wladecke s en alla et se mit à chanter à travers le désert sa nouvelle caboche à dos de dromadaire. Seul témoin de son chant, cet oryx couronné de cimeterres sur le ciel et la sable et qui d’un air navréregardait cette femme : Mais quel est donc ce chant ? C était une opérette sans tambours ni trompettes une histoire de violettes et de femme qui s’en tête une histoire de chameau ou bien de dromadaires c’est du pareil au même quand on a plus sa tête une histoire de femme qui une histoire de femme sans une histoire de femme qui sans quoi ? sans tête.
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